**Évaluation fondée sur les preuves du traitement de la chute de cheveux par laser de faible intensité**
La chute de cheveux affecte de nombreuses personnes, en particulier l’alopécie androgénétique (également appelée « alopécie séborrhéique »), qui représente plus de 95 % de tous les types de chute de cheveux. Outre les médicaments oraux (tels que le finastéride et la spironolactone) et le minoxidil topique, la thérapie par laser de faible intensité (LLLT, Low-Level Laser Therapy) est entrée progressivement dans le champ de vision du public ces dernières années en tant que traitement physique non invasif. Alors, dans le cadre de la médecine fondée sur les preuves, est-elle réellement efficace ? Cet article propose une analyse objective à partir des études existantes.
Le mécanisme d’action du laser de faible intensité (généralement d’une longueur d’onde comprise entre 600 et 1 100 nm et d’une puissance comprise entre 5 et 500 mW) ne repose pas sur un effet thermique, mais sur une « photobiomodulation ». Lorsque la lumière rouge ou proche infrarouge à une longueur d’onde spécifique irradie les cellules des follicules pileux du cuir chevelu, la lumière est absorbée par les mitochondries intracellulaires, activant la cytochrome c oxydase, ce qui favorise la production d’adénosine triphosphate (ATP), améliore la microcirculation locale du follicule pileux, peut ralentir le processus de miniaturisation du follicule pileux, et même stimuler le follicule à rentrer en phase anagène.
Actuellement, la thérapie par laser de faible intensité est principalement utilisée pour traiter l’alopécie androgénétique, tant chez les hommes que chez les femmes. Certaines études ont également exploré son utilisation potentielle dans la pelade ou la chute de cheveux post-chimiothérapie, mais les données probantes sont encore insuffisantes. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé plusieurs dispositifs à laser de faible intensité (tels que les peignes laser, les casques laser et les bonnets laser) en tant que « dispositifs médicaux en vente libre » pour le traitement de l’alopécie androgénétique, ce qui en soi indique que leur sécurité est reconnue, mais leur efficacité nécessite encore une analyse spécifique.
Concernant l’efficacité, plusieurs essais contrôlés randomisés (ECR) et revues systématiques ont abouti à des conclusions relativement cohérentes : par rapport au placebo (faux laser), l’utilisation du laser de faible intensité pendant 3 à 6 mois entraîne une légère amélioration statistiquement significative de la densité des follicules pileux et du diamètre des cheveux au niveau du vertex et de la région frontale. Par exemple, un ECR multicentrique publié en 2014 dans le *Journal of the American Academy of Dermatology* a montré qu’après 26 semaines de traitement avec un bonnet laser, le groupe traité avait augmenté en moyenne d’environ 20 cheveux terminaux par cm², tandis que le groupe témoin avait diminué. Une autre méta-analyse de 2019 incluant 8 ECR portant sur plus de 600 participants a également soutenu le léger avantage de la LLLT pour augmenter la densité capillaire.
Cependant, il est essentiel de reconnaître que l’ampleur de ces améliorations est limitée. Dans la plupart des études, l’augmentation nette de la densité capillaire se situe entre 10 et 30 cheveux par cm², ce qui est souvent légèrement inférieur à l’effet du finastéride oral ou du minoxidil topique. De plus, ces études ont généralement un suivi court (de 6 mois à 1 an), et il n’existe pas de consensus sur l’efficacité à long terme (par exemple, si les résultats se maintiennent après l’arrêt du traitement) ni sur les paramètres thérapeutiques optimaux (longueur d’onde, puissance, fréquence, durée du traitement). Le niveau actuel des preuves est globalement modéré à faible, certaines études présentant des limitations telles qu’une petite taille d’échantillon, un manque de suivi à long terme et une non-uniformité des paramètres des dispositifs.
En ce qui concerne la sécurité, le laser de faible intensité est généralement considéré comme très sûr. Les effets indésirables les plus courants sont un léger inconfort du cuir chevelu, une rougeur temporaire ou des démangeaisons, qui se résolvent généralement spontanément en quelques heures. Aucune brûlure cutanée grave ni toxicité systémique n’a été rapportée. Cependant, il convient de noter que les personnes photosensibles (par exemple, celles prenant des médicaments photosensibilisants ou souffrant de maladies photosensibles) doivent éviter de l’utiliser. Les données sur les femmes enceintes et les enfants sont insuffisantes et leur utilisation n’est pas recommandée sans avis médical.
Les limites de la thérapie par laser de faible intensité ne doivent pas non plus être négligées. Premièrement, elle nécessite une utilisation continue (généralement 2 à 3 fois par semaine, 15 à 30 minutes par séance), et les effets peuvent disparaître à l’arrêt. Deuxièmement, les réponses individuelles varient considérablement, certaines personnes pouvant ne pas répondre du tout. Troisièmement, elle ne peut pas arrêter le processus fondamental de la chute de cheveux (c’est-à-dire les dommages continus causés par les androgènes aux follicules pileux). Par conséquent, elle est plus appropriée comme traitement adjuvant pour les patients souffrant d’une chute de cheveux légère à modérée, ou pour favoriser la cicatrisation des plaies post-greffe capillaire et protéger les cheveux naturels, plutôt que pour remplacer les traitements médicamenteux de référence.
En rassemblant les données probantes actuelles de la médecine fondée sur les preuves, la thérapie par laser de faible intensité pour la chute de cheveux peut être considérée comme une option non médicamenteuse sûre et présentant une certaine efficacité à court terme, mais ses effets ne doivent pas être exagérés. Pour les patients désireux d’améliorer leur état capillaire, il est recommandé de consulter d’abord un dermatologue afin de déterminer le type et la sévérité de la chute de cheveux, puis de décider, en fonction de leur volonté personnelle et de leur situation économique, d’inclure ou non la LLLT dans le cadre d’un plan thérapeutique global. Par ailleurs, il faut se méfier des produits exagérant leurs promesses, tels que « guérir définitivement la chute de cheveux » ou « faire repousser les cheveux en une semaine », qui manquent tous de fondement scientifique.
En résumé, la thérapie par laser de faible intensité pour la chute de cheveux n’est ni un « mythe » ni une « arnaque » — elle est scientifiquement réalisable, avec des effets modérés. Une utilisation régulière, des attentes raisonnables et un traitement standardisé en association permettent d’obtenir le maximum de bénéfices.
(Cet article est fourni à titre indicatif uniquement et ne constitue pas un avis médical.)