**Traduction en français :**
L’alopécie androgénétique (AGA) est le type de perte de cheveux progressive le plus fréquent, touchant environ 21 % des hommes et 6 % des femmes en Chine. Son mécanisme central repose sur la miniaturisation progressive des follicules pileux génétiquement prédisposés sous l’action de la dihydrotestostérone (DHT), entraînant la transformation des cheveux terminaux en duvet, un recul de la ligne frontale ou un éclaircissement du vertex. Une monothérapie a souvent du mal à intervenir simultanément sur plusieurs voies pathologiques, c’est pourquoi les stratégies thérapeutiques combinées fondées sur des preuves scientifiques deviennent la norme.
Il faut d’abord préciser : toute combinaison thérapeutique doit reposer sur un diagnostic précis. Le médecin exclura les autres causes (effluvium télogène, pelade, maladies thyroïdiennes, etc.) par le biais de l’anamnèse, du test de traction, de la trichoscopie (ou dermoscopie) et, si nécessaire, d’un bilan hormonal. L’AGA est un processus chronique : une intervention précoce donne de meilleurs résultats, mais un traitement combiné ne peut pas « inverser » les follicules déjà totalement atrophiés ; il ne peut que ralentir la progression et favoriser la récupération des follicules existants.
**Combinaisons médicamenteuses fondées sur les preuves**
Le minoxidil topique (2 % ou 5 %), approuvé par la FDA pour l’AGA, prolonge la phase anagène en ouvrant les canaux potassiques et en favorisant l’angiogenèse. De nombreux essais contrôlés randomisés ont confirmé qu’il augmente la densité et le diamètre des cheveux, mais son effet disparaît 6 mois après l’arrêt. Le finastéride oral (1 mg/jour, réservé aux hommes) inhibe la 5α-réductase, réduisant la DHT du cuir chevelu d’environ 60 %, ce qui ralentit la progression de la maladie ; environ 80 % des utilisateurs maintiennent une stabilisation. Pour les patientes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas prendre de traitement oral, la spironolactone (40 à 200 mg/jour, avec surveillance de la kaliémie et de la tension artérielle) agit comme un anti-androgène en réduisant la liaison de la DHT à ses récepteurs. Plusieurs études montrent une amélioration de la perte de cheveux frontale, mais le niveau de preuve est inférieur à celui du finastéride.
Association classique recommandée : pour les hommes présentant une atteinte légère à modérée, l’association « minoxidil 5 % deux fois par jour + finastéride 1 mg une fois par jour » atteint un taux d’efficacité supérieur à 80 % à 18 mois, nettement meilleur que l’un ou l’autre pris seul. Pour les femmes, l’association courante est « minoxidil 2 % à 5 % deux fois par jour + spironolactone (dose initiale 50 mg/jour, augmentée progressivement jusqu’à la dose tolérée) », en notant que la spironolactone peut provoquer une polyurie, des irrégularités menstruelles, etc.
**Preuves des traitements physiques en complément**
La thérapie laser de faible intensité (LLLT, longueur d’onde d’environ 650 nm) augmente la production d’ATP dans les cellules folliculaires et réduit l’inflammation ; elle a été approuvée par la FDA comme dispositif adjuvant pour l’AGA. Une méta-analyse montre que la LLLT associée au minoxidil améliore la densité capillaire d’environ 15 % par rapport au minoxidil seul. Le microneedling (une fois par semaine, aiguilles de 0,5 à 1,5 mm) stimule mécaniquement les cellules souches folliculaires et augmente l’absorption percutanée du minoxidil. Des essais randomisés indiquent qu’à 24 semaines, le groupe microneedling + minoxidil présente un nombre de cheveux supérieur d’environ 40/cm² par rapport au groupe minoxidil seul. Les preuves concernant les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) autologue restent controversées : certaines petites études montrent une amélioration de la densité, mais l’absence de données comparatives de grande envergure ne permet pas de le recommander en routine.
**Principes de conception des schémas combinés**
Les schémas doivent être individualisés en tenant compte du sexe, du stade de l’alopécie (échelle de Hamilton-Norwood ou de Ludwig), de la tolérance du cuir chevelu et du coût. Par exemple :
– Hommes stade H/N 2-3 : minoxidil + finastéride + LLLT (15 minutes par jour) ; si l’amélioration est insuffisante après 6 mois, ajouter le microneedling.
– Femmes stade Ludwig I-II : minoxidil + spironolactone + microneedling (toutes les 2 semaines) ; attention à la contraception (la spironolactone est tératogène).
– Tous les patients doivent être évalués après 3 à 6 mois à l’aide de photographies standardisées. En cas d’échec, vérifier l’observance thérapeutique et l’absence de pathologies associées.
**Limites et précautions importantes**
– Le minoxidil peut provoquer une « phase de chute transitoire » (élimination des follicules en télogène) au début, ce qui est normal ; le finastéride entraîne des troubles sexuels chez environ 1 à 2 % des hommes, réversibles à l’arrêt dans la plupart des cas ; la spironolactone nécessite d’éviter les aliments riches en potassium.
– Les traitements combinés nécessitent une persévérance à long terme (les résultats apparaissent généralement après 12 mois) et leur effet disparaît à l’arrêt.
– La greffe capillaire (FUE/FUT) est une option pour les stades terminaux ou en cas d’échec médicamenteux ; elle doit être accompagnée d’un traitement médical pré et post-opératoire pour préserver les follicules non transplantés.
– Il n’existe pas de preuves suffisantes pour recommander la vitamine D, le zinc, la biotine ou les shampoings biologiques comme compléments systématiques.
**Conclusion**
Sur la base des preuves de haut niveau disponibles, la meilleure stratégie thérapeutique pour l’alopécie androgénétique associe des médicaments (minoxidil + anti-androgène) et des moyens non médicamenteux (LLLT ou microneedling), afin de ciber multithérapeutiquement les dommages liés à la DHT, la microcirculation folliculaire et l’activation mécanique. Tout schéma doit être élaboré sous la supervision d’un dermatologue et ajusté en fonction de la réponse. Adoptez une attitude rationnelle face aux résultats et évitez de rechercher aveuglément une « guérison radicale ».
Pour référence uniquement, ne constitue pas un avis médical. En cas de perte de cheveux, consultez un dermatologue professionnel pour une évaluation appropriée.